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Peatónito : « Mon but est que la revolución peatonal se propage. »
Peatónito défend les plus faibles dans la circulation
Peatónito défend les personnes âgées
Peatónito lutte contre le stationnement sauvage
Peatónito demande des passages piétons sûres
Peatónito s'adresse aux particpants du grand colloque piéton Walk 21, dans la grande salle de l'Hôtel-de-Ville de Vienne: faites la révolution piétonne Photo Walk21

A Berlin....

A Berlin, Superman défend le 7 km/h dans les zones à circulation modérée (rue résidentielle)

Peatónito, le justicier mexicain des piétons

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Mexico, la capitale et la ville la plus peuplée du Mexique, est située dans le centre du pays, dans la vallée de Mexico, un plateau d’une altitude de 2 400 mètres entouré de sommets qui le surplombent à plus de 5 000 mètres.
Centre politique, économique et culturel du Mexique, cette agglomération est devenue, avec une population estimée à environ 20 millions d'habitants, la quatrième du monde, derrière Tokyo, Delhi et Shanghai.
d’après Wikipedia

Peatónito: El Defensor de los peatones

Paradis pour la voiture mais enfer pour les piétons, la capitale mexicaine, menacée de saturation, révise son modèle de mobilité. Pendant ce temps, dans ses rues, sévit le populaire Peatónito, un héros masqué qui dirige avec humour l'insurrection des piétons.

Peotónito le justicier des piétons, à MexicoIl marche sur le toit des voitures qui envahissent les trottoirs et entravent la circulation des personnes. Il peint des passages cloutés là où il n'y en a pas. Il entoure de cercles jaunes les trous et obstacles qui constellent la voie publique...
Armé du Code de la route et d'une bombe de peinture, Peatónito sillonne les rues de Mexico, tout de noir vêtu. En l'espace de quelques mois, ce superhéros défenseur des piétons a acquis une véritable popularité dans la capitale mexicaine. Derrière ce masque et cette cape de lutteur se cache un aimable justicier, qui sermonne gaiement les automobilistes. Neuf fois sur dix, ces derniers rient de ses facéties.
«Marcher dans cette ville s'assimile à un sport extrême. Tu risques de te faire renverser à chaque carrefour», explique ce jeune homme de 27 ans, qui préfère ne pas révéler son nom, pour mieux incarner le personnage. (...)
«Au Mexique, quatre déplacements sur cinq s'effectuent partiellement ou totalement à pied et seulement une minorité en voiture. Or, l'espace est pensé pour l'automobile, qui a toutes les priorités, et les piétons n'ont plus qu'à s'adapter», analyse Rodrigo Díaz, architecte, urbaniste et blogueur engagé dans la défense de la cause pédestre. (...)
«C'est un changement de paradigme», reconnaît de son côté Dhyana Quintanar, responsable de la planification de la voirie à la mairie de Mexico. «Nous hiérarchisons désormais les priorités en matière d'aménagements en plaçant le piéton en tête et la voiture au dernier rang.» Les observateurs saluent l'éclosion progressive d'un discours de promotion de la culture piétonne, même s'il ne se matérialise pas encore dans des politiques effectives.
«L'auto-centrisme» dénoncé par Peatónito et par un secteur croissant de la société a encore de beaux jours devant lui à Mexico.
Extrait de La Presse, Montréal

Peatonito superhéros défend les piétons

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Entretien exclusif avec Peatónito, le justicier mexicain

Entretien  réalisé lors du colloque Walk 21 par Jenny Leuba, Mobilité piétonne Suisse et membre du comité de Rue de l’Avenir

En Suisse, les obstacles rencontrés à pied sont surtout liés à l’inconfort ou à l’image de la marche dans nos esprits. Mais au Mexique, dû au manque d’infrastructures et de respect, marcher relève du parcours du combattant. Nombre de personnes se déplacent à pied et 500 piétons décèdent chaque année d’un accident de la route dans la capitale (contre 67 dans toute la Suisse). Face à cette triste réalité, Peatónito s’inspire de la lucha libre mexicana (sport de lutte) pour mener ses actions. Il peint des traversées et des trottoirs et rappelle à l’ordre les conducteurs. Rencontré lors de Walk21 à Vienne, il nous livre ses motivations. 

Un seul lutteur pour 25 millions d’habitants et 16 millions de voitures, est-ce un défi disproportionné ?
Peatónito : C’est un grand travail de symbolique et de communication. Le changement commence par la diffusion de ce message : nous devons faire respecter nos droits en tant que piétons. Il faut améliorer la sécurité routière, se doter de meilleures règles de circulation et les faire respecter.

Tes actions sont très médiatisées, à qui t’adresses-tu en premier lieu ?
En étant deux heures dans la rue, je sensibilise une cinquantaine de conducteurs. Par les vidéos, j’ai un impact beaucoup plus large car elles sont diffusées au journal télévisé, dans les journaux, sur internet et sur les réseaux sociaux. Mon but est que la revolución peatonal se propage, que les gens reproduisent le personnage ou entreprennent d’autres actions créatives et se réapproprient leur ville.

Quelles réactions rencontres-tu ?
Au Mexique, la police est très arbitraire. Tout dépend de l’humeur des policiers. Quand je peins un passage piéton, certains me demandent d’arrêter, d’autres me laissent poursuivre et il est même arrivé que des policiers me donnent un coup de main.
La plupart des conducteurs interagissent avec mon personnage et reconnaissent qu’il faut respecter les piétons. Toutefois, un petit pourcentage de gens est de mauvaise humeur, stressé par les bouchons, mais je reste pacifique et aimable face aux insultes.

Si on ne pouvait améliorer qu’une seule chose, laquelle choisirais-tu ?
Il faut agir sur l’infrastructure, elle contribue à une autre culture de la mobilité. Il faut ajouter des traversées sûres dans toute la ville. Le gouvernement mène en ce moment l’action « pasos seguros » afin de sécuriser les passages les plus dangereux. A Mexico City, les feux ne laissent pas assez de temps pour traverser. C’est pour ça que je retiens les voitures quand le feu passe au vert, et que je permets aux piétons de finir de traverser.

As-tu une anecdote à nous raconter ?
Quand il y a des voitures parquées sur le trottoir, je marche dessus en faisant mon possible pour ne pas rayer ni cabosser les carrosseries. Si le propriétaire réagit, ce qui arrive parfois, je lui rappelle qu’il se trouve sur un espace dédié aux piétons.

Portrait : Sans son masque de lutteur, Jorge Cañez, qui revêt au besoin le costume de Peatónito travaille à l’ITDP, une organisation non-gouvernementale dédiée à la mobilité durable.

Pour aller plus loin...

Peatonito justiicier mexicain